Des recherches ont été menées entre 2024 et mars 2025 par MIP ou encore MAD24 sur l’irrigation minimale à Madagascar dans le but d’améliorer la résilience agricole face au changement climatique et à la rareté de l’eau adaptées aux réalités agricoles malgaches. Dans un contexte marqué par le changement climatique, l’irrégularité des pluies, les sécheresses et la baisse des rendements agricoles, le projet vise à identifier des pratiques d’irrigation permettant de réduire la consommation d’eau tout en maintenant ou améliorant la production agricole. Madagascar, où plus de 70 % de la population dépend de l’agriculture, fait face à des défis importants liés à la dégradation des sols et à la variabilité climatique

Ces projets de recherche sont le fruit d'une collaboration entre le MIP et ses partenaires : Aqua alimenta, FTA et ESSA-ABC. Les expérimentations ont été conduites dans plusieurs régions agroécologiques avec une approche participative impliquant des étudiants chercheurs et des paysans leaders.
Les essais ont porté sur quatre cultures stratégiques : le pak choï, la carotte, le haricot vert et la pastèque. Pour ces quatre cultures, trois traitements ont été comparés : T1 correspondant aux pratiques paysannes traditionnelles, T2 basé sur un maintien de l’humidité du sol à 55 %, et T3 maintien de l'humidité su sol à 65 %, à l’aide de sondes hydrométriques « Plant Alarm » et « Mini-Logger ». L’objectif principal était de déterminer le seuil minimal d’irrigation permettant d’optimiser les rendements tout en économisant l’eau. 
  1. Pour le pak choï, les résultats diffèrent selon les zones d’étude. À Ankazondrano, le traitement T3 (65 %) donne les meilleurs résultats en termes de croissance, de biomasse et du rendement final, tandis qu’à Ambohidray les pratiques paysannes traditionnelles (T1) se montrent plus performantes, probablement en raison des caractéristiques du sol sableux et des conditions climatiques locales. L’étude montre ainsi que l’efficacité de l’irrigation dépend fortement des facteurs pédologiques et environnementaux. 
  2. Concernant la carotte, le traitement T3 se révèle particulièrement intéressant pour la production racinaire, qui constitue l’objectif principal de cette culture. Bien que la pratique paysanne donne une biomasse aérienne légèrement supérieure, l’humidité contrôlée à 65 % favorise une meilleure croissance des racines et un rendement plus élevé des tubercules. Le seuil de 55 % se trouve insuffisant pour maximiser la production. 
  3. Pour le haricot vert, les résultats sont plus nets : le traitement à 65 % d’humidité du sol est le plus performant avec les meilleures productions de gousses, une biomasse plus importante et une croissance végétative supérieure. À l’inverse, le traitement à 55 % provoque un stress hydrique impactant la capacité productive tandis que la pratique paysanne fournit des résultats intermédiaires mais perfectibles en termes d’efficacité hydrique. 
  4. Dans le cas de la pastèque, les résultats montrent que les pratiques paysannes traditionnelles et le traitement T3 donnent des performances relativement similaires, alors que le traitement à 55 % reste moins favorable au développement des fruits. Les chercheurs recommandent ainsi de maintenir une humidité proche de 65 % pendant les périodes sèches tout en conservant les pratiques locales adaptées aux conditions du terrain. 

Les recherches effectuées se sont heurtées sur certaines limites : dysfonctionnement des sondes, attaques de ravageurs, faible répétition spatiale et prise en compte limitée des facteurs climatiques et pédologiques. Toutefois, les travaux de recherche continue et MIP s’étend vers de nouvelles sites de recherche à Ambohimanga Rova et Talatavolonondry et envisage plusieurs projets de recherche qui se concentre surtout dans l’irrigation, les fertilisants, les ravageurs et les techniques agroécologiques pratique toujours dans le but d’améliorer la gestion de l’eau. .